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SÉminaire international novembre 2004
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Du 1er au 13 novembre 2004, le Centre d’Etudes et de Recherches Internationales  (CERI-Sciences Po/CNRS, Paris, France) et la Virginia Foundation for the Humanities (Charlottesville, VA, Etats-Unis) ont organisé un séminaire international de deux semaines.
Cliquer ici pour visualiser la lettre de la VFH relatant l’organisation du séminaire

 


Participants

Vingt-huit chercheurs et professionnels de différentes régions du monde se sont réunis pour réfléchir à la façon dont la paix peut-être « réinventée » (Re-Imagining Peace) après des violences de masse.

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Ce séminaire intensif avait notamment pour objectif de permettre l’échange d’expériences et de connaissances entre chercheurs et professionnels de différents pays ayant connu des drames similaires. Il a également permis de discuter le cadre général d’analyse proposé dans le cadre de ce programme, les questions de méthode, les objectifs d’un tel travail, les principaux sujets qui devraient être étudiés, ainsi que les possibilités de collaboration entre les pays.
Tous les participants au séminaire avaient une expérience personnelle de la guerre et des massacres, avaient travaillé avec des communautés ayant connu de telles tragédies, ou encore étaient des descendants de survivants de massacres. Des survivants des conflits en Bosnie-Herzégovine, au Cambodge et au Guatemala participaient au séminaire.
Cliquer ici pour accéder à la liste des participants

Théories & expériences de terrain
Ce projet cherchant à développer à la fois des grilles d’analyse théoriques et des outils d’intervention basés sur ces analyses, il était important que les participants prennent le temps d’échanger sur leurs hypothèses de travail ainsi que l’ensemble des pré-conceptions explicites et implicites qui guident leur démarche. Les dimensions méthodologiques et éthiques du travail (interrogation sur ce qui nourrit et sous-tend le travail de chacun, sur l’influence de son histoire personnelle, sur son rapport à la violence, son statut de survivant, etc.) ont bénéficié de longs temps d’échanges, intenses et parfois éprouvants. La durée du séminaire et la co-habitation des participants pendant ces deux semaines ont beaucoup contribué à la profondeur de ces échanges d’expériences personnelles et collectives entre des personnes originaires de différentes régions du monde. Un travail trans-générationnel a également été esquissé, en particulier sur le cas du Cambodge puisque trois générations de Cambodgiens étaient réunies pour l’occasion. En apprenant les uns des autres, les participants ont également développé des liens forts de confiance et de solidarité, identifiant peu à peu les voies par lesquelles ils pouvaient se soutenir mutuellement sur la voie de la « ré-invention » des termes de la paix. Nous avons également échangé sur les éléments fondamentaux de nos approches des interventions de terrain et analysé les projets et méthodes déjà utilisées, cherchant à comprendre ce qui pouvait expliquer leurs succès comme leurs échecs. Ce séminaire intensif faisait suite à deux ans de préparation de terrain, visant notamment à permettre l’implication effective et la valorisation des recherches déjà menées par les équipes locales. Cliquer ici pour consulter les présentations des expériences pays.

Réflexion thématique et ressources culturelles
Ont également participé à cette réflexion des collègues chercheurs de différentes disciplines qui ont enrichi notre réflexion sur des sujets particuliers comme les mémoires et récits des massacres, l’éthique dans la conduite d’activités de recherche-action auprès de populations traumatisées, la justice transitionnelle et les questions de « réconciliation ».  Nous ont également accompagnés une artiste plasticienne française et un conteur colombien ayant une longue expérience de travail en contextes violents et post-conflictuels et qui ont apporté leur contribution concernant l’utilisation de supports culturels et artistiques (contes, pratiques du théâtre de l’opprimé, dessins, sculptures avec différents matériaux facilement trouvables sur le terrain, etc.). Une série de ressources en ligne a été développée sur cette base. Pour y accéder, cliquer ici.

Ce travail d’échange trans-culturel et trans-disciplinaire a constitué une composante essentielle du séminaire. Une difficulté majeure résidait, en dehors des variétés des codes culturels, dans l’usage simultané de plusieurs langues (même si l’anglais est utilisé comme lengua franca pour ce projet, aux côtés du français et de l’espagnol). Pour nombre de participants, c’était également la première fois qu’ils étaient directement confrontés à des expériences vécues dans d’autres pays, ce qui supposait un effort pour s’ouvrir à d’autres vécus, dépasser certaines pré-conceptions, sortir d’eux-mêmes pour comprendre ce qui se passait de l’autre côté de la planète.

Ressources en ligne
De fait, tous les participants au séminaire ont témoigné avoir été touchés – et souvent surpris – par la similarité de leurs vécus et des difficultés rencontrées sur le terrain, par-delà les spécificités culturelles, contextuelles et même temporelles. Leurs analyses ont également souligné les limites des cadres théoriques existant pour expliquer les réalités dont ils étaient témoin et l’urgence à développer des outils qui permettent de générer de nouvelles idées pour l’action. Il fut décidé de poursuivre le travail théorique, sur la base du matériel développé sur le terrain, dans un processus itératif entre les partenaires du programme. Le matériel développé à ce jour dans le cadre du programme peut être accédé dans la rubrique ‘ressources en ligne’.

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Béatrice Pouligny, PhD
CERI-Sciences Po/CNRS
56, rue Jacob
75006 Paris, France

tél :+33 (0) 1.58.71.70.47
fax :+33 (0) 1.58.71.70.90
pouligny@ceri-sciences-po.org