Sortir de la violence

Axe 1 : Constructions et reconstructionsde l’État en situation de post-violence

Devenu  un « agenda » des organisations internationales, le « post-conflit » est l’un des thèmes aujourd’hui à la mode. Pourtant il n’a que rarement donnée lieu à une réflexion à la fois rigoureuse et distanciée. Or la notion laisse entendre une fin de conflit fixe et définitive quand, dans de nombreux cas, la fin d’un conflit aboutit à une transition sécuritaire partielle caractéristique du "ni guerre ni paix". L’usage interchangeable d’autres notions (sorties de crise, fins de conflits, processus de paix, construction de la paix, fabrication de la paix) ajoute au flou conceptuel.

L’objectif proposé est de réfléchir de manière critique autour de la catégorisation lisse et uniformisante des États ‘en situation de post-conflit’ par les institutions multilatérales pour au contraire montrer la multiplicité et la variété des situations post-conflictuelles et des différentes transitions sécuritaires. Un accord de paix ne met pas nécessairement fin aux violences. Bien souvent les déplacements internes, les conflits sociaux, les violations de droits de l’homme, etc. perdurent bien après que les fusils se soient tus. Cet axe reviendra sur la construction même des notions de conflit-post-conflit, state building, reconstruction, etc. par les organisations internationales. Il est important d’envisager le post-conflit sans le restreindre aux politiques d’aide et d’intervention internationale. Mais, il est important également de s’interroger sur l’usage des modèles normatifs inspirés par la notion de post-conflit et imposés par les institutions multilatérales.

Cet axe s’intéressera donc aux modalités de sortie de conflit en soi, qu’elle soit contrainte (via une défaite militaire, une intervention armée extérieure), contrôlée (à travers une transition politique) ou négociée (via des accords de paix). Il se penchera notamment sur la multiplicité des acteurs de paix et abordera le débat controversé autour des spoilers ou saboteurs des accords de paix (Stedman, Zahar). Mais surtout, il explorera une temporalité plus longue et mal définie dans la littérature, celle de l’après conflit.

Dans un contexte de recrudescence (ou de visibilité nouvelle) des conflits armés, de redéfinition du rôle des principaux acteurs étatiques et intergouvernementaux (ONU, OTAN, OSCE, etc.) sur la scène internationale et d’aspiration à la production d’un ordre international que l’on rêvait pacifié, les décennies postérieures à la fin de la guerre froide ont été le théâtre d’une démultiplication des interventions internationales sur des sites de « conflits » et de « post-conflits ».  Une très vaste littérature a été consacrée à ces opérations multinationales perçues comme nouvelles - qu’ils s’agissent des interventions dites humanitaires (cas de la Somalie, dans une certaine mesure du Kosovo) ou d’actions ayant vocation à permettre une stabilisation au sortir des violences. La plupart de ces écrits présentent cependant un double profil : ils sont soit le fait d’auteurs qui ont été également des acteurs des missions dites de paix (en tant qu’employés d’organisations internationales, d’ONG, de milieux militaires ou diplomatiques, etc.), soit de personnes - chercheurs ou experts - engagés dans des activités de conseil ou d’aide à la décision. Cette configuration (qui s’explique en partie par les conditions d’accès (difficile) à l’information pour un observateur extérieur aux opérations de paix qu’il souhaite décrire) n’a pas été sans incidence sur la nature des connaissances produites. Nous adopterons un positionnement critique en vue de nous interroger sur la construction récente et l’usage des modes de gestion du post-conflit. Nous nous interrogerons sur les acteurs, les modèles de reconstruction post-conflictuelle et les conceptions du rôle de l’État, les dispositifs, leurs modes de construction et de circulation. Qui les a mis sur agenda ? Qui s’en est saisi et de quelle façon ? De fait, nombreuses sont les interrogations qui restent largement à explorer. Certaines seront plus particulièrement envisagées dans le cadre de l'axe de recherche présent....

 

Description du projet
Sortir de la violence

Membres du groupe

- Responsables : Laetitia Bucaille, Christophe Jaffrelot (responsable gestion), Sandrine Perrot, Nadège Ragaru, Jacques Semelin
- Participants: Anne Bazin, Antonela Capelle-Pagocean, Samy Cohen, Ariel Colonomos, Elise Féron, Riva Kastoryano, Denis Lacorne, Luis Martinez, Valérie Rosoux, Jacques Rupnik.

 

 

 

 

- Economie politique internationale: Réformes économiques et régulations
cliquez ici

- Sortir de la violence
cliquez ici

- Migrations et relations
internationales
cliquez ici

- Relations et comparaisons
transatlantiques
cliquez ici

- Représentations et pratiques
de la démocratie
cliquez ici

- Trajectoires historiques
de l'Etat

cliquez ici