Presentation
Créées en 1995, les Etudes du CERI font partie des collections dont le centre assure le financement, la publication, la diffusion et la promotion. Outils d’aide à la décision, elles rassemblent des travaux d'expertise essentiellement destinés aux décideurs des secteurs public et privé et s’adressent également aux chercheurs et aux étudiants. Une dizaine d’études paraissent chaque année, souvent rédigées à l’issue de missions de terrain financées par le CERI, par des auteurs qui peuvent être extérieurs au centre. Certaines, réalisées par des experts étrangers, sont éditées directement en anglais. D’autres sont traduites et également publiées dans la collection. Diffusées à la presse, elles font l’objet de recensions régulières dans les colonnes des journaux les plus importants.
Ces textes sont accessibles en libre consultation sur le site du CERI un an après leur parution.
Numéros
Antoine Vion, François-Xavier Dudouet, Eric Grémont, Etude N°144
Normalisation et régulation des marchés : la téléphonie mobile en Europe et aux Etats-Unis
Résumé
L’étude propose d’analyser les liens complexes entre standardisation et régulation des marchés de
téléphonie mobile selon une perspective d’économie politique tenant compte, dans une perspective
schumpetérienne, des déséquilibres de marché et des phénomènes monopolistiques associés à
l’innovation. Elle vise d’abord à souligner, pour les différentes générations de réseaux (de 0 G à 4G),
la particularité de cette industrie en matière de retour sur investissement, et le rôle clé que tient la
standardisation des réseaux dans la structuration du marché. Cette variable-clé du standard explique
en grande partie la rente qu’a représenté le GSM dans les dynamiques industrielles et financières
du secteur. L’étude explore ainsi les relations entre les politiques de normalisation, qui ne sont
évidemment ni le seul fait d’acteurs publics ni de simples règles de propriété industrielle, et les
politiques de régulation du secteur (attribution de licences, règles de concurrence, etc.). Elle souligne
que les vingt-cinq dernières années rendent de plus en plus complexes les configurations d’expertise,
et accroissent les interdépendances entre entrepreneurs de réseaux, normalisateurs et régulateurs. Dans
une perspective proche de celle de Fligstein, qui met en avant différentes dimensions institutionnelles
de la structuration du marché (politiques concurrentielles, règles de propriété industrielle, rapports
salariaux, institutions financières), il s’agit donc ici de souligner les relations d’interdépendance entre
diverses sphères d’activité fortement institutionnalisées.
Shahrbanou Tadjbakhsh, Etude N°143
International Peacemaking in Tajikistan and Afghanistan Compared: Lessons Learned and Unlearned
Résumé
Au cours des dix dernières années, les modalités de l’engagement international dans les
opérations de rétablissement de la paix ont évolué. Une comparaison entre les accords qui en
1997 ont marqué la fin de cinq ans de guerre civile au Tadjikistan, et le début de l’intervention
en Afghanistan menée dans un contexte international de guerre contre le terrorisme, en témoigne.
Elle met l’accent sur les défis auxquels ces interventions ont dû faire face : l’échec des phases de
stabilisation, de transition et de consolidation du rétablissement de la paix ; le manque de netteté
des véritables motifs de l’engagement international ; l’ambiguïté des méthodes utilisées pour la
reconstruction des Etats concernés et l’appropriation des processus de paix par les Etats engagés.
Le succès du processus de paix au Tadjikistan peut être attribué à la collaboration entre organismes
internationaux et puissances régionales, mais aussi à l’ordonnancement progressif des différentes
étapes : négociations autour du partage du pouvoir puis consolidation et reconstruction de l’Etat. En
revanche, l’échec du rétablissement de la paix en Afghanistan s’explique en partie par la diversité
des motifs de l’engagement international, l’isolement de l’alliance occidentale dans la région et les
positions prises dans la guerre par certains acteurs extérieurs. Quoi qu’il en soit, seule l’appropriation
du processus de paix par les populations locales lui confère la légitimité propre à le pérenniser.